Ufologie

Jeudi 22 mars 2007 4 22 /03 /2007 18:47

 

 

Article déjà paru sur le site de l'AFIS; mis à jour le 22 mars pour ce blog.

La revue Ciel et espace avait déjà informé ses lecteurs en juin 2005 de la fermeture du Service d’Etudes des Phénomènes Rares Atmosphériques (SEPRA), service appartenant au Centre National d'Etudes Spatiales (CNES),  son directeur Jean-Jacques Vélasco ayant pris un peu trop fait et cause pour le militantisme pro-ovnis dans un ouvrage intitulé Ovnis, l’évidence. Puis Ciel et espace nous avait annoncé en mai 2006 la naissance d’un nouveau service : le GEIPAN, Groupe d’Etude et d’Information sur les PAN (Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés), reprenant ainsi le premier sigle de ce service, à sa création en 1977, le GEPAN. Le mot-clé, celui qui fera toute la différence entre le premier et le second sigle, c’est l’Information. Une volonté de transparence se fait jour par l’annonce que, dès l’été 2006, les 6000 témoignages recueillis par feu le SEPRA, jusque là inaccessibles, accusés d’opacité, seraient ouverts au public via le net.
On peut observer deux volets à ce nouveau bureau d’étude : une partie, dont le directeur est Jacques Patenet, sera sur le terrain, relevant les témoignages, menant les enquêtes, travaillant avec des labos, des psychologues, spécialistes des sols, des gendarmes etc. Et un volet comité de pilotage, dont le directeur est Yves Sillard, ancien directeur du CNES (à l’époque des débuts du GEPAN en 1977), dont la mission sera de « conseiller le GEIPAN sur les actions à mener ». Conseiller ? Superviser ? Le comité de pilotage sera-t-il un garant scientifique, en assurant un pilotage par l’institution de tutelle ? En lisant les propos de son directeur recueillis par Ciel et espace, on peut espérer qu’il en sera ainsi. Le comité va en effet s’entourer d’une équipe intéressante de spécialistes « de la météorologie, des sciences de l’homme, de l’astrophysique, de l’électromagnétisme, de la propulsion ». La dernière spécialité peut surprendre : si des experts en propulsion ont une place reconnue dans l’équipe, c’est que déjà l’idée d’engins extraterrestres s’installe à demeure, connotant les hypothèses et ses déductions. 
Le CNES et le directeur du comité de pilotage désirent que toute la transparence soit faite sur ce service ; ils insistent sur la valeur pédagogique de leurs travaux, en direction du public. Vous avez dit « pédagogie » ? Si l’objectivité est revendiquée haut et fort par le nouveau GEIPAN, aucun de ces deux outils intellectuels, esprit critique et grain de scepticisme, n’apparaît pourtant dans leurs objectifs... Attendons de voir. Si la transparence est telle qu’on nous la promet, un véritable débat peut s’installer. 
22 Mars 2007 : avec du retard, mais on y est ! Aujourd’hui la presse, dont Ciel et espace bien sûr, se fait largement l’écho de l’ouverture des archives au public sur le site du CNES. Consultez vous aussi les archives du GEIPAN ! Mais attention, toute la journée du 22 mars, impossible d’y accéder. Quel succès !

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Ufologie
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Dimanche 22 avril 2007 7 22 /04 /2007 12:06

Vous avez sans doute déjà entendu dire, à l’appui d’une existence probable des extraterrestres, que l’être humain étant une forme de vie assez banale, il pouvait bien avoir son double, sous une forme ou une autre, quelque part dans l’univers. Belle façon de montrer un caractère humble et ouvert. L’argument n’a pas de démonstration scientifique mais il a l’avantage d’être psychologisant et donc d’être imparable, par simple culpabilisation de ses opposants. Vous imaginez-vous un peu rétorquer que l’être humain est si exceptionnel  que son équivalent aurait peu de chances d’exister quelque part ? Vous imaginez-vous vraiment  brandir cet argument des plus arrogants : le statut d’exception de notre espèce ? Bien sûr que non. De toute façon, ce contre argument ne possède pas plus de preuve que le premier. Il n’empêche que ce domaine de la recherche extraterrestre, ou ufologie,  ne contenant aucune argumentation scientifique, une belle  place est faite à la psychologisation et à l’idéologie, avec son cortège de  passions et de fantasmes.

Les scientifiques se sont pourtant penchés, et se penchent encore sur le problème : la revue Ciel et Espace de mai 2007 revient sur l’existence éventuelle d’extraterrestres, et surtout sur la probabilité de leur visite, dans un article de David Fossé « E.T. prend son temps ». L’article nous rappelle d’abord le paradoxe de Fermi. De quoi s’agit-il ? Le prix nobel de physique Enrico Fermi a énoncé en 1950 un paradoxe devenu fameux : « Si l’humanité est une espèce si banale dans la Galaxie, nous devrions déjà être entrés en contact avec des extraterrestres. » Et Fermi de conclure : « Où sont-ils ? ». En 1975, Michael Hart reprend le dossier, le dissèque, et répond à Fermi : « Parce que nous sommes seul ! ». Le paradoxe ne se résoud pas, il se renforce : nous serions une espèce commune, ordinaire, mais unique !

Ramus Bjork, étudiant en physique danois âgé de 26 ans, vient de modéliser à son tour l’exploration de la Galaxie. Ses simulations numériques montrent que si les extraterrestres existent, ils n’ont tout bonnement pas eu le temps d’arriver ! Pour cela il suppose des engins pouvant atteindre 1/10 de la vitesse de la lumière, soit 30 000 km/seconde, en 8 vaisseaux principaux contenant chacun 8 sous-vaisseaux, qui peuvent survoler, en 10 milliards d’années, 10 000 secteurs contenant 40 0000 astres, soit quelques pour cent de la Voie lactée seulement. On a encore le temps de les attendre ! Notre jeune physicien est surpris par le succès de sa solution au paradoxe de Fermi, qui a fait le tour du monde. Mais il a en face de lui d’autres physiciens qui lui opposent d’autres modèles (Eric Jones, Carl Sagan, Laurence Cox) et quelques arguments.

L’article est assez ambigue, puisque dans son ensemble il fait une belle place aux partisans de l’existence des extraterrestres,  dont les simulations numériques tentent de nous convaincre qu’ils sont juste en retard. La belle excuse !

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Ufologie
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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /2007 08:59

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« Si la question des ovnis évoque une relation avec le ciel et plus globalement avec l’espace, c’est probablement que quelque part ce lien existe. »  Jean-Jacques Vélasco, directeur du S.E.P.R.A, dans sa « Lettre ouverte aux sceptiques » (1), parue dans le n° 29 de « Sciences Frontières ».

 Les origines

La publication aux USA, en 1968, d’un rapport officiel, rapport Condon (2), ramène le phénomène « ovnis » (objets volants non identifiés) à une collection d’illusions d’optique ou de mystifications, tout en admettant une marge de 3 % de phénomènes inexpliqués, c’est à dire d'observations diverses, incomprises, à comparer avec 3% de gens qui, sur une même observation objective, bâtissent les images invraisemblables de leur fantasmes!... À la suite de ce rapport américain, la communauté ufologique mondiale s’aigrit, soudain frustrée d’une reconnaissance scientifique indispensable à sa crédibilité.  AstronomeOVNI.JPG

Par ailleurs le phénomène avait, et a toujours, le vent en poupe auprès du public, lequel réclame des éclaircissements, mais souscrit aussi volontiers aux extrapolations les plus farfelues. Pour ces raisons, c'est-à-dire pour canaliser sur un terrain scientifique les dérives éventuelles, pour maîtriser le canal de diffusion des rumeurs, et faire taire les reproches de désintérêt sans cesse réitérés par les ufologues, le gouvernement, en 1977, demande au CNES de créer une cellule spécifique d’étude de ces événements . C’est la naissance du G.E.P.A.N, Groupement d’Études des Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés. Son directeur sera Claude Poher. Il est déjà connu au service d’Aéronomie du CNRS pour avoir installé et exploité un laser-lune. Mais il est aussi connu pour son engagement personnel dans les études d’ovnis depuis 1973. On lui donne des moyens. Celui de créer un conseil scientifique, celui de s’entourer d’une équipe d’une demi douzaine de personnes, et celui d’étudier une centaine de dossiers par an. Jean-Jacques Vélasco, technicien supérieur d’optique, est son assistant.

Vous avez dit MHD (3) ?

Le rôle du GEPAN est de répertorier les objets satellisés en pénétration atmosphérique, de décrypter les témoignages de visions d’ovnis. Il se lance aussi dans l’approfondissement de théories physiques comme celle de la propulsion magnétohydrodynamique. Des liens sont établis avec armée, gendarmerie, physiciens et météorologistes, et un psychologue est embauché : une petite armée, en quelque sorte, prête à effectuer avec zèle ses missions. Son étude de la propulsion magnétohydrodynamique est un  premier aveu explicite de recherche de source d’énergie éventuellement maîtrisée par des extra terrestres et justifiant les témoignages d’accélération foudroyante et de silence de leurs engins. Aussi appelée MHD, cette théorie serait parfaitement ad hoc dans le domaine des observations d’ovnis, et démontre  les pré requis que pouvait avoir le GEPAN sur les moyens techniques, donc sur l’existence, des extraterrestres.  Une technique officiellement non maîtrisée par les terriens, que le début de l’introduction de la note technique 9 éditée par le GEPAN nous expose :

« Au chapitre des caractéristiques que l'on rencontre fréquemment dans des descriptions de phénomènes aérospatiaux non identifiés, certaines concernent leurs déplacements présentés comme rapides, silencieux et saccadés sans qu'ils soient pour autant accompagnés des effets aérodynamiques classiques ( effet de souffle, turbulences, ondes de choc, etc. ).

La question se pose donc de savoir s'il serait possible d'envisager un système physique solide ayant le même type de comportement et des interactions analogues avec le fluide ambiant. Plusieurs théories ont été proposées dans ce sens ; en particulier, M. J.-P. PETIT a suggéré un modèle fondé sur les principes de la magnétohydrodynamique. »

L’entrée en scène de Jean-Jacques Vélasco Conqu--teOVNILune.JPG

1983 : Alain Esterle remplace Poher à la tête du GEPAN, qui entre dans un âge d’or. Augmentation des effectifs, diffusion de notes techniques, c’est l’effervescence, et c’est aussi à cette période que l’on remarque le plus d’ovnis dits « scientifiques ». Pourtant aucune enquête les concernant n’apportera la preuve de l’existence d’extraterrestres… 1988 : le GEPAN coûte trop cher et n’apporte rien de probant, le CNES le ferme. Pensant aussi aux réactions d’un public fortement impliqué dans les mythes célestes, il le remplace par un service du même type, mais qui devra être plus soft, qui doit répertorier et identifier tout ce qui tombe de nos nues !. Il s’appellera SEPRA, Service d’Expertises des Phénomènes Rares Atmosphériques. Jean-Jacques Vélasco en prend la direction et baptise son service « Service d’Expertises des Phénomènes de Rentrées Atmosphériques ». Il l’occupe encore vaillamment aujourd’hui…seul.

Enquêtes partisanes 

En 1978, dans une revue d’ufologie (4) monsieur Vélasco annonçait 38 % de phénomènes inexpliqués par le SEPRA, qui, pour lui et son équipe, pouvaient donc se rapporter à des visites intelligentes. En 2002, sur une page du site web dans dans un entretien sobrement appelé « Le CNES face aux phénomènes inhabituels », Jean-Jacques Vélasco annonce un pourcentage de phénomènes inexpliqués bien plus bas : 
« Mais il reste un faible pourcentage de cas (4-5 %) auxquels le SEPRA n’a pu donner d’explication, en l’état de nos connaissances. » 
Bravo monsieur Vélasco, ça c’est du bon travail ! De 38 % à 5 % en 24 ans, cela pourrait être un succès pour la démystification ! À ce rythme, dans peu de temps, tous les objets deviendront  « non non identifiés » pour cause d’efficacité du SEPRA ! Mais redevenons sérieux : l’équipe du SEPRA a bien sûr, si elle veut être viable, intérêt à montrer sa crédibilité dans les études scientifiques, mais  à se garder malgré tout une marge d’inexplicable pour préserver la raison d’être de son directeur : la passion soucoupiste.  À la suite des échecs du GEPAN, le SEPRA a vu ses ressources diminuer et son personnel se réduire. Très controversé, son directeur est accusé de ne pas être un scientifique. Il a pourtant  obtenu une équivalence d’ingénieur pour son diplôme de technicien supérieur. De toute façon, des erreurs émaillent  son parcours et le décrédibilisent aux yeux des scientifiques : le 5 novembre 1990, son service ne reconnaît pas le troisième étage d’une fusée Proton qui retombe sur Terre dans un grand fracas de lumière. Pour le même phénomène, Monsieur Vélasco confondra aussi des lumières clignotantes d’un avion  avec les photographies des restes de  ladite fusée.
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Puis en 1993, il commet un ouvrage en collaboration avec Jean-Claude Bourret, ce qui termine d’achever une réputation déjà malmenée. Le livre « Ovnis, la science avance » expose la probabilité que des extraterrestres habitent dans notre Système solaire, dans des planètes creuses artificielles… Enfin en 1997, Jean-Jacques Vélasco répond à l’appel de l’astrophysicien américain Peter A. Sturrock, brillant scientifique britannique ayant reçu maintes distinctions, qui voudrait initier une grande enquête scientifique sur les ovnis. Le français prête son équipe du SEPRA à la mission : Jacques Vallée, François Louange, Gabriel Véraldi. L’enquête est  financée par le mécène Laurance S. Rockefeller.

Un nouveau rapport Condon corrigé par des croyants ?

Une grande rencontre des différentes équipes, américaines et européennes, a eu lieu à Pocantico au Nouveau Mexique en septembre 1997 et a fait le point sur la valeur d’une multitude de témoignages, en une semaine de colloques. Un ouvrage en a été tiré, écrit par Peter A. Sturrock, qui se présente sous la forme d’un rapport de près de mille pages, rapport trahissant une  rancœur tenace vis-à-vis du rapport Condon de 1968. La traduction française de ce pavé, en novembre 2002 (5),  comptera seulement…334 pages. On respire… Comment en effet digérer 1000 pages d’une collection de visions, de témoignages tous bâtis sur le même modèle, d’analyses de photos plutôt simplettes, qui peuvent être des objets bien de chez nous ?!  Page 225, l’auteur nous met sous les yeux une photographie prise par un très crédible pilote de la Royal Canadian Air Force, et soudain ce que vous preniez pour un petit nuage tout rond et très lumineux, voguant parmi ses pairs, mais ayant la déraison d’être différent, se retrouvera catalogué au rang d’ovni ! Le livre de Sturrock raconte aussi que des gens sensés étudient des débris de ferraille au sol, débris auxquels on cherche à faire avouer qu’ils  sont issus d’une « autre » intelligence, mystérieuse. On leur trouve des composés minéraux extraterrestres, démentis par des laboratoires…démentis aussitôt démentis… Il est amusant de constater que des ufologues qui analysent des morceaux de métal tombés sur Terre pensent qu’ils constituent une preuve directe. On lit page 64 du livre de Sturrock :

« Le métal était, a-t-on rapporté, d’une pureté trop extrême pour avoir été le produit d’une technologie terrestre. »

Comment d’emblée prendre au sérieux ce leitmotiv de toute mythologie : celui de la pureté originelle, inaccessible aux pauvres humains ? Où est la place de la science dans ces idées ? De ces trouvailles chiffonnées, les « enquêteurs » déduisent qu’un véhicule extraterrestre a explosé lors de son arrivée dans l’atmosphère. Pas de chance tout de même ! Voici des êtres venus de très loin, ayant dépassé l’impossibilité einsteinienne des voyages dans le temps et l’espace, et qui « pètent un câble », bêtement, dans notre ciel bleu ! Mais il est vrai que la sécurité routière nous le répète maintes fois : c’est dans la dernière partie des voyages que le risque d’accidents est le plus grand ! Nous aurions donc quelque chose  à leur apprendre ? Doit-on leur dire que nous avons beaucoup de déchets dans notre atmosphère ? Éplucher des clichés enfantins, décortiquer des dessins naïfs, analyser du métal fumant avec fébrilité, tout cela ressemble fort à des attitudes magiques de fétichisme. Comme dans toute quête paranormale menée par descroyants, les études sur les ovnis ne mènent jamais nulle part, et l’immobilisme les caractérise comme il caractérise tout ce qui ne se base pas sur la recherche rationnelle.

Le service de monsieur Vélasco est donc le camouflage scientifique d'une activité paranormale. Et il est bien assuré. Pour preuve, le discours stérilisé de monsieur Vélasco sur le site web du CNES. Extrait : « En tant qu’organisme scientifique, ce n’est pas dans notre rôle de prendre parti dans de tels cas inexpliqués, encore moins dans le débat sur l’existence ou non d’extraterrestres. » 
C’est pourtant dans une émission TV sur les extraterrestres (À tort ou à raison, lundi 13 janvier 2003), qu’on verra François Louange, co-équipier de Jean Jacques Vélasco dans les enquêtes du colloque de Pocantico, et récemment auditeur du SEPRA pour le CNES (Le Figaro du 24 novembre 2002). Dans cette émission, François Louange n’était pas aux  côtés des deux scientifiques présents (Pierre Couturier, président de l’Observatoire de Paris et Charles Frankel, géologue et planétologue), mais aux côtés d’un ufologue avéré, Gildas Bourdais, et de Jean-Pierre Petit, astrophysicien et vulgarisateur de génie mais en partance  pour un autre monde qui nous épie.

Un nouveau service ?

De 1988 à 2005, le SEPRA, comme le GEPAN avant lui, n’a pas avancé. Pour les ufologues, rien de tangible n’en est sorti. Pour la science, ce fut le vide complet.  Le SEPRA a été mis sur une voie de garage en 2004, puis fermé en 2005. Le Groupe d’Études et d’Informations sur les Phénomènes Aérospatiaux (GEIPAN) l’a remplacé en 2007, avec l’ouverture d’un site web répertoriant les témoignages et enquêtes de feu SEPRA. Je vous en parlerai dans un autre billet !  
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Cet article est déjà paru en 2003 dans le numéro 57 de Science et pseudo-sciences (AFIS). Mise à jour pour ce blog le 25 novembre 2007. Illustration en début d'article : José Tricot. Cliparts issus de Microsoft Office Online 
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1 Lettre consultable sur la page web suivante : http://raceovni.ifrance.com/raceovni/doccu/letresept.html?

2 Voir  article « Soucoupes volantes, le complot des mordus », dans SPS n° 162 de juillet-août 1986. Le rapport Condon a été édité par le CNAS (National Capital Area Skeptics) dans une version électronique accessible sur   http://ncas.sawco.com/condon/

 

3 Étude scientifique des fluides conducteurs en mouvement sous l'influence de champs magnétiques ou électriques, toujours explicitée et défendue par l’astrophysicien J.P Petit. La MHD permet l’abolition de la vague d’étrave pour les bateaux et du mur du son pour les avions. Voir : http://www.jp-petit.com/science/mhd/mhd_fr.htm

 

4 Article paru dans «  International Ufo review », numéro hiver 2000-2001, traduit par Gildas Bourdais, grand gourou de l’ufologie.

5  Peter A. Sturrock, La science face à l’énigme des ovnis – l’enquête la plus probante jamais menée – Presses du Châtelet

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Ufologie
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Dimanche 2 décembre 2007 7 02 /12 /2007 09:49

t--te-ET.jpg Le nouveau site web, appelé GEIPAN, ouvert en mars 2006,  sous l’égide du CNES, et remplaçant le SEPRA (voir mon billet précédent), répertorie un peu plus de 500 cas  remontant jusqu’à 1982. Il manque encore ceux de la tranche 1977 (ouverture du premier GEPAN) – 1982. Cela devrait faire, au final, 6000 témoignages répertoriés, et affichés en toute transparence, portant sur 1600 affaires (3000 procès-verbaux) Pour un peu plus de détails, lire mon article de juin 2006 sur le site de l’Association Française pour l’Information Scientifique. Il ne reste plus que  6 ans à couvrir et 1 100 affaires à nous présenter… transparence oblige. Comment vont-ils faire pour nous servir 1 100 cas qui seraient restés dans les archives des 5 premières années du service, alors qu’ils n’en ont publié que 500 pour les 25 dernières années ? Il faudra bien y aller faire le compte de temps en temps, afin de vérifier que la totalité y figure. 
Allez faire un tour sur leur site, en rubrique « Qu’est-ce que le GEIPAN ? », vous allez y trouver une définition des ovnis, ufos, et autres pans. Je ne comprends pas bien pourquoi le terme « ovnis » est réfuté par le service, alors que le mot est si bien intégré dans la langue française qu’il figure comme nom commun dans le Petit Robert et ne prend plus l’allure d’un sigle. Le mot « objet » les choque parce qu’il s’agit le plus souvent de phénomènes lumineux ayant lieu dans l’atmosphère, d’où leur nouveau nom : les PAN. Ne veut-on pas plutôt y voir un renouveau de l’ovni, ainsi nettoyé des préjugés qui l’entachent ? Nouveau mot, nouveau regard, plus technologique, plus sérieux ? 
En page d’accueil, le GEIPAN nous propose une classification des PAN, copiée ci-dessous.

PAN de catégorie A : observation ayant été expliquée sans aucune ambiguïté.
PAN de catégorie B : observation pour laquelle l'hypothèse retenue par le GEIPAN est très probable.
PAN de catégorie C : observation non exploitable faute d'informations.
PAN de catégorie D : observation inexpliquée malgré les éléments en possession du GEIPAN.

Il s’agit d’un acte  a posteriori,  qui classe non pas l’observation, mais la résolution du phénomène. Contradiction dans l'appellation.
Le A ne me pose pas de problème. Le B est hypothétique mais m’interpelle par rapport au A. Une partie de ces phénomènes B doit recouper A, en une plage plus ou moins importante, ou alors c’est que le GEIPAN ne reconnaît jamais d’explication certaine. À cette intersection devraient se  situer les ovnis identifiés non pas « sans ambiguité », mais relevant d’une hypothèse au taux de probabilité important, pas pour autant retenue par le GEIPAN. La catégorie B prétend que le seul GEIPAN détiendrait les explications ou hypothèses probables. Quant au D, elle semble incongrue. Aucune observation ne peut en effet se passer d’une hypothèse d’explication, même si la probabilité qui s’y rattache  est faible. En toute logique, cette probabilité doit être mentionnée. La classification est parcourue de compromissions qui entament largement sa rigueur scientifique.
Allons à présent consulter la rubrique « Statistiques ». Le premier diagramme est celui des « cas d’observation » par département. En abscisse, les départements, et en ordonnée, le nombre de cas. Prenons le 74 : y figurent 6 cas. Puis le 75, qui le côtoie  : 3 cas. Pour me faire une idée, je cherche dans la page une indication de durée, une date, un semblant de repère temporel qui rende les chiffres crédibles et analysables. Rien de rien. Nulle part. Je n’ai pas réussi à savoir si ces statistiques s’étalaient sur les années déjà compilées dans le catalogue des affaires répertoriées (de 1982 jusqu’à nos jours), ou bien si elles concernaient l’année en cours, ou bien l’année dernière, ou bien… n’importe quand. Ainsi présentés, les chiffres ne signifient strictement rien. Le second diagramme, par région, souffre de la même lacune. Seul le dernier, concernant la classification en PAN A, B, C, D, est corrélé à l’année. Mais là, comme on vient de le voir plus haut, c’est la classification d’origine qui est lacunaire. Les diagrammes sont donc là d’abord pour impressionner le néophyte qui va y voir beaucoup de connaissance scientifique. 
Le catalogue des affaires s’arrête à la lisière de 1982. La prochaine fournée va concerner l’année 1981. Une fameuse année pour tous les croyants, lesquels vouent un culte au cas de Trans-en-Provence, cas prétendument scientifique,  mais surtout relayé comme tel par les médias. À surveiller sur le site du GEIPAN.

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Ufologie
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Vendredi 11 janvier 2008 5 11 /01 /2008 06:55

undefined Lors de l’émission du 2 décembre 2007 "Kriss Crumble" sur France Inter, j’avais suivi un entretien avec Pierre Lagrange, sociologue des sciences,  spécialiste des « parasciences ». J’en avais tiré plusieurs remarques, que je lui avais transmises par mail, sans réaction de sa part. Il a fait preuve de quelque méconnaissance en astronomie, étonnante pour quelqu’un qui s’occupe autant du ciel et de son « contenu ». Il a en effet présenté Clyde Tombaugh, découvreur de Pluton, comme un astronome professionnel. Faux. Il était fermier, et c'était le premier astronome amateur à avoir fait une découverte importante. À son époque, la communauté des astronomes professionnels était très fermée et la reconnaissance de la validité de cet événement a mis du temps a être admise à cause de leur réticence. 
Puis - et c’est plus important pour notre sujet, les ovnis – il a  dit en dernière partie d'entretien : "On n'est sans doute pas seuls. La découverte de planètes extrasolaires ces dernières années le montre. Il est très possible qu'il existe des civilisations beaucoup plus anciennes".  La découverte des exoplanètes aurait montré qu'on n'était pas seuls ? Monsieur Lagrange extrapole à sa guise. La recherche a juste montré que la Terre n'était pas la seule planète orbitant autour d'une étoile et que d'autres étoiles abritaient des planètes de type terrestre. Le hic, c'est que  dans cet entretien radiophonique, on ne pouvait pas saisir, à l’oreille,  si « seuls » concernait les êtres humains, ou s’il s’agissait de « seules », faisant référence aux planètes. Mais comme il a lié cette affirmation aux « civilisations anciennes », il a confirmé qu’il pensait bien aux êtres vivants. Je le répète donc : la science n’a montré que la multiplicité des systèmes stellaires avec planètes, mais pas encore de vie extraterrestre. Je serais tentée de demander à Pierre Lagrange de  me montrer ces « civilisations » issues des découvertes d'exoplanètes !
Par ailleurs, Pierre Lagrange s’est laissé aller à un grand mépris des rationalistes. Il les a taxés de «  moutons pensants rationnels », et on imagine alors un grand troupeau  de moutons qui envahit notre société. Or ces derniers sont très peu invités dans les médias et très peu connus du public. Leurs idées ont bien du mal à percer. Monsieur Lagrange les étudie et leur donne beaucoup de pouvoir parce qu’il combat leurs idées. Mais la population ne connaît guère les rationalistes. Pour être parmi des moutons, il faut être nombreux. Le jour où les rationalistes entraîneront derrière eux une foule de « moutons pensants comme eux » n'est pas demain !
Par contre monsieur Lagrange est lui, très médiatisé et se bat sur tous les fronts pour une reconnaissance scientifique des ovnis. Il va d’ailleurs présenter le 22 janvier 2008, à Rennes, une conférence  au titre ambigu comme il les aime : « Les ovnis : une histoire de sciences ». Je crains le pire.

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Ufologie
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