2009, année Darwin

« Il ne semble pas qu’il y ait une plus grande finalité dans la variabilité des êtres organisés et dans l’action de la sélection naturelle que dans la direction d’où souffle le vent. »
Extrait de L'autobiographie, Charles Darwin, page 83.

 

Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /2010 07:17


4521589455_d951f227f1.jpgNotre peur du cancer est exploitée ; nous sommes à la merci des charlatans comme les paysans isolés autrefois pouvaient l’être quand le colporteur passait par chez eux.  Mais que colportent les nouveaux  charlatans du XXI° siècle ? Des remèdes imaginaires à nos angoisses. Et la plus grande angoisse actuelle s’appelle « cancer ». Les plus célèbres et les plus adulés de ces colporteurs portent des titres de médecine, la bonne société d’aujourd’hui étant attachée à la caution scientifique, quand bien même elle les fustige dans son dos.

 

Il est donc de bon ton de suivre leurs conseils, médiatisés et relayés par des spots publicitaires, par des invitations de leurs gourous sur les émissions les plus regardées, et par une communication insistante de l’OMS. Vous aviez eu droit à monsieur Servan Schreiber et à son régime anti-cancer, maintenant c’est monsieur Khayat qui s’y met et qui arpente les plateaux TV armé de son bouquin.  Le colporteur a en effet sorti ses fioles et ses boniments, sur le plateau du Grand journal de Canal + hier soir, tout comme Servan Schreiber l’avait fait avant lui.  Mangez 5 fruits et légumes, sinon votre perte est assurée ! Certes, le conseil n’est pas complètement idiot mais est-ce vraiment une parade efficace contre le cancer, et puis, tiens j’y pense,  contre quel cancer ? Tous ? Le remède universel en somme ? C’est là que le bât blesse. Que les fruits et légumes, grâce à leur apport en fibres, protègent les intestins d’un cancer éventuel paraît logique. Mais au-delà de ce simple conseil, on est dans la désinformation, car le remède universel n’existe pas.

 

Heureusement, tout cet arsenal de pseudo-médecine n’a pas convaincu toute la communauté scientifique. Des chercheurs de New York (école de médecine du Mont Sinaï) ont étudié les conséquences d’un régime fruits/légumes sur 142 000 hommes et 335 000 femmes volontaires, répartis dans 10 pays européens, entre 1992 et 2000.

Ils ont constaté que la consommation de plus de 200 g de fruits et légumes par jour ne fait baisser le risque de cancers que de 3%.   Ils constatent aussi que ceux qui mangent vraiment beaucoup de fruits et légumes  mènent aussi par ailleurs une vie plus équilibrée : ils ne sont pas obèses, consomment moins de tabac et moins d’alcool. Conclusion : bof… pas de quoi écrire des centaines de pages sur le sujet, sauf à vouloir entretenir soigneusement la peur du cancer  afin de vendre  plus de bouquins.

 

 Source info chercheurs New York : Science & Vie juin 2010

 

 

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Sciences - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /2010 11:25

036-CYGOGNE-1136.JPG Élisabeth Badinter fait la promo de son dernier bouquin : Le conflit – La femme et la mère. Promo sur France-Inter, aux côtés de magazines comme Elle ou le petit nouveau bobo-branché Envy. Des magazines superficiels et lisses qui entérinent une grande tradition féminine, sûrement pas féministe. J’attendais mieux de France-Inter, comme par exemple d’inviter le magazine Causette.

 

Mais foin des mags, restons  avec E. Badinter et son livre. Elle en parle dans un article du Monde de samedi 13 février. Son idée est que la maternité est de plus en plus sacralisée, que l’allaitement devient un devoir sans alternative, et que grossesses et maternages redeviennent ce qu’ils étaient avant les années 1970, c’est-à-dire avant les avancées féministes. Pour Badinter, c’est une régression. Elle y accuse un courant naturaliste, propagé par une écologie radicale et cite à cette occasion N. K.-Morizet qui préconise de laver les couches en tissu.

 

Sur le site Rue89, C. Duflot (elle aussi accusée par Badinter) et N. K.-Morizet  répondent à la philosophe que « allaiter  est une liberté ». Bof… pas tant que ça quand on sait que les marques de lait maternisé n’ont plus le droit d’offrir d’échantillons de leur produit dans les maternités et que la publicité pour Gallia sur les écrans TV nous dit expressément « Le meilleur lait… après le vôtre ! ». Donc pas de véritable choix, au alors avec la culpabilité qui va avec. 

 

J’apprécie les idées de madame Badinter, mais ce qui m’a fait tout à coup reculer et reconsidérer mon adhésion sans faille, c’est d’apprendre qu’elle était la principale actionnaire de Publicis ! Vous imaginez la tonne de pubs sexistes qui vont à l’encontre de ses idées de progrès pour les femmes et qu’elle admet sans broncher ?!  Lisez ses arguments sur la page de Rue89,  elle y élude la question de façon pathétique. Elle ose même dire que « La publicité ne reflète que les stéréotypes sociaux. On peut aussi changer [ces stéréotypes, ndlr] avec une autre présentation » mais « ce n'est pas l'arme principale » pour lutter contre le sexisme ».

 

pers53.gif Bien sûr une partie de sa réponse est juste : la pub reflète bien les stéréotypes sociaux. Mais quelle est la place exacte des spots dans ces stéréotypes ? Cause, conséquence ? Est-elle un simple reflet en miroir, c’est-à-dire quelque chose de neutre, voire d’objectif ? On s’y verrait donc tel(le)s qu’on est ? Hum… heureusement que non, car les gentilles caricatures alternent avec les outrances, et parmi une montagne d’inanités et de clichés méprisants, on y trouve parfois des perles d’humour. Cela dit, si la pub n'est qu'un reflet, c’est que la cause du sexisme qui s’y affiche est ailleurs et qu’elle n’y est pour rien, la pauvre pub, si on n’a que des beaufs pour compagnons. Non, je proteste, ce serait quand même trop simple.

 

Je pense plutôt que la pub a un rôle crucial à jouer dans la perpétuation de certains mythes qui ont la vie dure. Elle n’est peut-être pas créatrice de ces mythes, mais elle en est un relais de propagande efficace. Ces mythes, s’ils n’étaient pas notre lot quotidien, risquent alors de le devenir très rapidement après quelques décennies de matraquage télévisuel.

Prenons l’exemple hautement symbolique de la publicité automobile. Dans les années 1950, on pouvait voir déjà des concours de beauté conjoints voitures-élégance féminine. Depuis, pas un iota de progrès n’a été fait. En 2009, les salons automobiles du monde entier nous présentaient toujours leurs dernières-nées affublées d’une jolie nénette destinée à émoustiller le client potentiel. Si quelques hommes raisonnables n’avaient pas, en 1950, envisagé l’automobile et la femme comme deux objets indispensables à posséder, il leur faudra beaucoup de constance et de sagesse pour continuer à ne pas l’envisager, alors que la pub automobile et les salons n’ont de cesse de l'entraîner sur le terrain du machisme, et ce depuis … 60 ans !

 

Je ne suis donc pas d’accord avec madame Badinter : elle minimise le rôle de la publicité dans le formatage des esprits. Mais on sait pourquoi : elle a vendu son âme féministe à Publicis.

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Egalité des sexes - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 10:58

27808360_5de20a19ce.jpgLe fameux « jour de la marmotte », en Amérique du Nord, c’est le 2 février. Ce jour-là, et seulement celui-là, des marmottes (pas n’importe lesquelles, juste quelques rares spécimens médiatisés comme « Shubenacadie Sam », la canadienne) acceptent de sortir de leur terrier, insistent pour montrer leur nouvelle ligne,  se pavanent, prennent la pause, saluent la horde d’êtres humains venus en pèlerinage, puis consentent enfin à prédire le temps qu’il va faire, puisqu’enfin c’est pour cela qu’il y a du monde devant leur terrier…

 

Comment fait-elle, la marmotte, pour prédire la fin de l’hiver ? C’est une légende (oui, oui, vous l’avez dit, savoir prédire l’évolution de la météo, c’est une légende) qui raconte que si la marmotte voit son ombre (= s’il fait soleil), elle s’en retourne dans son terrier continuer à dormir parce que l’hiver est encore là pour 6 semaines, alors que si elle ne voit pas son ombre (= ciel couvert), le temps sera doux et l’hiver ne durera que quatre semaines. Et là, bingo !, la légende ne le dit pas, mais la marmotte, elle retourne pas dans ses pénates, mais elle danse avec les journalistes pour fêter ça !

 

Le 2 février donne donc lieu à quelques festivités en l’honneur de ces marmottes élevées au rang de vedettes. La prédiction  d'une marmotte-météorogue se fonde sur une interprétation de son comportement à la sortie du terrier. Bon, ça me rassure, elle ne fera pas concurrence aux compétences d’Évelyne Dhéliat. Je me demande tout de même comment on peut faire mieux en fait d’in…terprétations.

 

Mais, c’est quand même bizarre, ces marmottes sensées dormir jusqu’en mars et qui sortent le jour où l’on claque des doigts… Je suis allée visiter quelques sites qui parlent de l’hibernation et nulle part je n’ai trouvé d’info disant que la marmotte pouvait sortir  prendre l'air en plein hiver. Elle ne quitte pas son terrier avant mars, période de fin d’hibernation. Alors pour mieux vous éclairer, vous aussi, voici quelques renseignements :

 

La marmotte dort d’octobre à mars. Elle bouche son terrier avec de la terre. C’est dire si elle veut avoir la paix. Elle a des périodes d’éveil, courtes parce qu’elles lui coûtent de l’énergie et donc de la réserve de graisse, mais ses éveils ne lui servent pas à aller se promener dehors. Elle va faire pipi, remue sa couette, tape son oreiller, change de position… et se rendort. Et le 2 février, la marmotte, elle se fiche pas mal de qui l’attend dehors…il gèle à pierre fendre à cette période au Canada !

 

Qu’est-ce qui va la pousser à s’éveiller et à sortir, alors ? Le réchauffement progressif de son environnement, lié au printemps et à la douceur extérieure, vont réchauffer son corps et le pousser à sortir de sa torpeur. Quand la température adéquate est atteinte, l’animal se réveille et sort. C’est le mois de mars.

 

Mais qu’est-ce qu’elle faisait alors, le 2 février ? Elle faisait sauter des crêpes, au chaud, comme vous !

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Mythes - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /2010 10:46

 

pers54.JPG Un bambin de 2 ans et 10 mois assis au fond, tout au fond d’un grand fauteuil, les yeux écarquillés devant le tout nouveau Walt Disney La princesse et la grenouille, est-ce bien correct ? Est-ce même autorisé ? La réponse à la première question, c’est oui, du moins à mon sens, et à celui de beaucoup de familles. La réponse à la seconde question, c’est non. « Comment cela ? » direz-vous sans doute, les yeux écarquillés, vous aussi.

 

Au cinéma UGC ciné Cité des Halles, une famille a été sortie par trois policiers, excusez du peu, du cinéma où elle regardait La princesse et la grenouille, simplement parce que un de leurs enfants avait 2 ans et 10 mois, et que les cinémas parisiens sont interdits aux moins de trois ans. Ils avaient été avertis de l'interdiction à la caisse, mais ils avaient passé outre et étaient allés s'installer. Et voici la loi qui justifie cette « expulsion » : un article 198 de l'ordonnance de la préfecture de Paris, qui date de 1927, interdit aux enfants de moins de trois ans d'entrer dans toutes les salles de spectacle.

 

Deux raisons avancées :  1 - il faut protéger leurs oreilles d’un niveau de bruit trop élevé (hum...), 2 - les enfants de moins de trois ans sont trop agités pour le confort du public sénile, euh pardon, du public adulte. 

 

Je me pose une question : est-il vraiment impossible de régler le volume sonore d’une salle de ciné ? J’ai un doute !  N’était-il pas possible, sachant que ce film était dédié aux petits, de baisser le son ? Je crois que la véritable raison du déplacement policier, c’est l’inconfort du public adulte. Éviter l'inconfort du public adulte en âge avancé, donc. On se demande ce qu’il faisait là, d’ailleurs, ce public très « adulte », devant des images enfantines dégoulinantes de sirop parfumé à la rose.  Sans doute  un âge si mûr qu’il verse dans l’immaturité….


Mais il faut bien protéger les vieilles forces de notre vieille France ; alors ressortons les textes - tombés dans l'oubli  - de 1927, ils sont excellents pour cela….

 

Source de l'info : Rue89

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Culture - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /2010 07:05
La jeune femme voilée présente sur les listes du NPA fait polémique. C’était prévisible et le NPA a ainsi fait parler de lui. C’est de bonne guerre après tout. Sur le site de Marianne, Mélenchon s’en inquiète : il y affirme que la représentation politique doit demeurer laïque, que le NPA a fait du racolage à des fins électoralistes. Sur le site de Rue89, un professeur en science politique, Philippe Marlière, taxe cet entretien de « réactionnaire » et de "dérapage". Il y va un peu fort. Mélenchon a juste le tort de croire, ou de sembler croire, que la politique est laïque. Il faudrait lui rappeler que le christianisme opère dans les rangs de tous les partis, mais ce christianisme a le bon goût d’être plus discret qu’un foulard…

En fait, pour ma part, je n’aime pas non plus que le signe religieux, voile ou autre, entre en politique. Le foulard est un signe religieux. Mais la bible aussi. Vous souvenez-vous de madame Boutin brandissant sa bible dans l’hémicycle contre le pacs ? Et de son adjoint prêtre ? Et de son emploi auprès du vatican, qu’elle assure toujours d’ailleurs ? Elle est toujours députée, et en même temps présidente du parti chrétien-démocrate.

Elle vient d’ailleurs de faire campagne contre un petit film pédagogique contre l’homophobie, qui devait être diffusé dans les écoles, Le baiser de la Lune. Sur sa pression, Luc Chatel a retiré le soutien de l’Éducation Nationale à ce film financé par trois régions et la ville de Rennes. Madame Boutin demande son interdiction : elle pense qu’il s’agit d’une incitation à l’homosexualité. Toute la politique est contaminée par la religion. Pour pouvoir s’insurger contre les signes extérieurs de la religion musulmane, il faudrait d’abord que nos politiciens balaient devant leur porte et écartent madame Boutin, son escouade de prêtres et de conseillers de bénitier. Ensuite seulement on pourra dire à la jeune femme du NPA de retirer son voile.
Par Agnès Lenoire - Publié dans : Religions - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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