2009, année Darwin

« Il ne semble pas qu’il y ait une plus grande finalité dans la variabilité des êtres organisés et dans l’action de la sélection naturelle que dans la direction d’où souffle le vent. »
Extrait de L'autobiographie, Charles Darwin, page 83.

 

Dimanche 4 février 2007 7 04 /02 /2007 07:44

Le Figaro et l’Express l’ont annoncé dans leur édition du 2 février 2007, le ministère de l’Éducation nationale l’a confirmé, un certain « Atlas de la création » a bien été envoyé dans plusieurs centaines d’établissements scolaires, en dix mille exemplaires. Cet ouvrage richement illustré vise à installer la croyance en la création, à l’aide du  plus vieil argument religieux  qui soit : les merveilles et la grandeur de la nature … qui à elles seules démontrent la création ! Les photos séduisent, le texte trompe par sa méconnaissance  de la théorie de l’évolution. Le ministère a  demandé aux établissements qui l'ont reçu de ne pas diffuser l'ouvrage auprès des élèves.

 

L’auteur porte le pseudo de Harun Yahya, et diffuse aussi sa doctrine sur le web. Sur  son site internet « Le mensonge de l’évolution », il réfute le darwinisme en arguant qu’il n’a pas fait ses preuves. Mais en parcourant ses pages, vous vous apercevrez vite que nulle part il ne mentionne la sélection naturelle.  Parler de darwinisme sans parler de sélection naturelle, c’est faire tomber la théorie. Car c’est bien la sélection naturelle qui est LE mécanisme d’évolution à l’œuvre dans la théorie, réaménagé et décliné depuis Darwin, mais toujours bien central. Sans ce mécanisme, il était  en effet facile à l’auteur de laisser inexpliqués des pans entiers de la nature.

Autre argument avancé contre le darwinisme : il favorise les comportements de conflit. D’après Harun Yahya, il est même la cause des attentats du 11 septembre, car « le darwinisme est la seule philosophie qui valorise et donc encourage le conflit ». Cette accusation nous paraît choquante. Mais n’oublions pas que ce fut un argument religieux prépondérant lors de la parution de L’origine des espèces en 1859. Les chrétiens en effet y voyaient un mécanisme dur (la  sélection naturelle et la loi du plus fort) et  réfutaient cette discrimination naturelle, parce qu’elle attribuait un destin dramatique aux plus faibles.  Leurs raisons, si elles n’étaient pas scientifiques, étaient humainement louables. Depuis le XIX e siècle, la théorie s’est affinée. On sait désormais que la sélection joue aussi sur les registres de la coopération et de l’adaptation. Registres qui dédouanent la théorie de son aspect  « loi du plus fort ».  L’argumentation de Yahya est d’une grande pauvreté : sa connaissance de Darwin est pleine de lacunes et il aurait bien besoin de réactualiser ses connaissances.

 

Reste que si la doctrine de Yahya est facile à démonter, elle fait peur par la puissance de ses actions. Les moyens financiers déployés pour une opération de ce type au niveau national  posent la question de l’origine de cette entreprise.

 

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Religions
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Samedi 3 février 2007 6 03 /02 /2007 18:00

      

Jean-Christophe Rufin

Éditions Flammarion, 2007, 538 pages, 20 €.

« La nature humaine n’était peut-être pas plus hostile que la nature sauvage. » Extrait, page 464

Ne vous méprenez pas : si Jean-Christophe Rufin a écrit ce roman, c’est pour mieux faire passer un message. Il s’en explique dans une postface : il est décidé à dénoncer une forme dure d’écologie, la deep ecology,  encore inconnue du public en France. Seul Luc Ferry a exposé et dénoncé l’écologie radicale dans « Le nouvel ordre écologique » (Grasset) en 1994. L’écologie radicale, c’est cette idéologie qui accuse l’être humain de tous les maux sur et contre la planète, et dont les adeptes estiment qu’il mérite d’être puni en tant que « prédateur suprême ».

Jean-Christophe Rufin est médecin, président de l’ONG « Action contre la faim » et a participé comme agent spécial à des opérations de libération d’otages dans les Balkans et en Afrique. Utilisant ses connaissances en  médecine et en espionnage, domaines qui lui sont familiers, il en retire pour son roman un dynamisme et un ressort dramatique renforcés. Bien sûr l’intrigue et le suspense reposent aussi sur une peur ancestrale : la peur de ces grandes épidémies ponctuelles qui alimentent les esprits et ressurgissent avec le SRAS et la grippe aviaire. Dans le roman, il s’agira… du choléra.

Mais son talent est aussi celui d’une narration alerte, sans temps morts, sauf le temps réservé à l’analyse méticuleuse de ce qui pousse un adepte à s’engager dans cette idéologie. Son style enchantera les amateurs de romans d’actions et d’aventures. Quelques allusions à de grandes organisations écologiques existantes irriteront les écologistes modérés, mais les noms sont transformés et cela reste avant tout une fiction…

Laissez-vous emporter ! Malgré ses 548 pages ce roman se lit en un rien de temps : c’est haletant, bien ficelé, et cela donne envie d’aller voir de plus près ce qu’est dans la réalité cette écologie radicale anti-humaniste. Les références de Rufin sont en fin d’ouvrage : elles sont essentielles.

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Notes de lecture
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 2 février 2007 5 02 /02 /2007 06:28
La consommation a ses associations de défense, sous forme d’instituts  ou de fédérations. Le consommateur peut alors trouver un soutien face aux escroqueries ou abus. Les arts divinatoires aussi. Un institut s’est en effet spécialisé dans la défense des consommateurs de voyance. L’Institut National des Arts Divinatoires (INAD) se targue en effet de savoir faire la différence entre les bons et les mauvais voyants et offre généreusement de transmettre ce savoir aux crédules que nous ommes. Les consommateurs d’arts divinatoires vont pouvoir être défendus, soutenus, et surtout  prévenus, éduqués ? Rien n’est moins sûr !
 
 
 
Une « divination » digne d’intérêt existe-t-elle ?
 
 
 
Le président de l’INAD a rédigé une charte de déontologie, que les professionnels dits sérieux peuvent signer et afficher à côté de leurs prestations. L’adhésion à la charte donne droit, sur le même bulletin à remplir, à l’attribution d’une carte professionnelle. Une carte professionnelle, ou dite de « compétence »,  label de qualité de la voyance, il fallait oser !  Car si cet institut s’estime capable de détecter les pratiquants de divination malhonnêtes, c’est qu’il estime aussi qu’il en existe une autre – celle dont les pratiquants signent sa charte bien sûr – digne d’intérêt.
Il n’est pas nécessaire à un médium d’être un charlatan pour entrer en profession – il peut juste être victime de l’illusion d’avoir un don. Toutefois, pour d’autres personnes, l’intention d’escroquer - dénuée alors de toute croyance - peut suffire à se lancer dans la profession. Les deux types de pratique peuvent vivre séparément mais peuvent aussi se réunir en une seule et même personne.  Un médium peut très bien être sincère, croire en son don, et ruiner ses clients par des tarifs exorbitants. Tout est possible. La seule chose impossible dans cette affaire, c’est la fiabilité intellectuelle de l’entreprise. Personne ne peut guère prétendre pouvoir dépister les mauvais praticiens pour la simple raison qu’aucun médium ne vous dira qu’en fait il ne sait rien de plus que ce que vous voudrez bien lui dire. Tous diront haut et fort qu’ils ont un petit « supplément d’âme », et qu’ils le mettent à votre service. Aucune chance donc de différencier ceux dont l’intention, saugrenue mais sincère, est de lire l’avenir du consultant, de ceux dont l’intention,  froide et calculatrice, est d’abuser de sa crédulité. Dans les deux cas, que le voyant soit honnête et crédule, ou qu’il soit menteur et manipulateur, la prestation offerte n’a aucun moyen, mais vraiment aucun, d’être correctement évaluée en termes de comportement moral basé sur les intentions.
 
Le dédale du vrai et du faux : un faux problème
 
Alors, quel autre critère éthique peut-on dégager pour départager la bonne et mauvaise voyance ?  Les résultats auprès des consultants ? Ce pourrait être un critère impeccable. Mais un médium a aussi droit à l’erreur, comme tout un chacun, le droit de ne pas être en forme, le droit d’être passagèrement perturbé, non ? Un don est parfois capricieux ; ça lui donne d’ailleurs un certain cachet. Don capricieux dont ils usent quand il s’agit de faire une démonstration publique ou un test scientifique. Et c’est inespéré, car de ce fait, nos médiums ainsi dédouanés deviennent aptes à pratiquer l’erreur à longueur de consultations. Personne ne peut se sortir de cette ornière. Mais l’INAD, lui, peut le faire pour vous ! On peut lire sur son site internet, en fin d’éditorial :
« […] le présent site dont l’objectif est de vous informer dans le dédale du vrai et du faux. »
Alors que personne ne peut démêler l’écheveau, un seul institut détient la vérité. A ce titre, l’INAD proteste contre les voyants qui affichent sur leur site une charte qui ressemble à la sienne, sans la citer. Charte gardée ! Extrait de la rubrique « Questions diverses » : « Ce sont des agissements parasitaires de certains praticiens plus ou moins indélicats qui ne font pas état de leurs sources pour se donner une crédibilité de façade. »
La quête de vérité est pourtant bien vaine dans les arts divinatoires puisqu’ils sont, par essence, et sans même l’intention de tromper, une  opération farfelue bien éloignée de la vérité.
 
Une déontologie trompeuse
 
Cette charte, que contient-elle ? Voyons un peu, sur le site web de l’INAD,  ses recommandations, ses contradictions,  et ses prises de position  en faveur du commerce de voyance.
Les charlatans, c’est les autres
Son préambule invite les professionnels à s’engager dans une pratique moralisée et pour cela à  adhérer à l’INAD et signer sa charte. L’objectif revendiqué étant aussi de protéger le consommateur contre les charlatans qui « discréditent l’ensemble de la profession ». Nous verrons lors d’une visite plus poussée du site web, que le consommateur, loin d’être protégé, est enfoncé à plusieurs reprises.
La charte s’ouvre sur des recommandations concernant la légalité : déclarations d’activité imposées par la loi. Dit autrement, le voyant ne doit pas travailler au noir.
L’obligation de moyens protège le voyant
Puis vient un paragraphe édifiant. : le médium n’a qu’une obligation de moyens, pas de résultats. Dans les arts divinatoires, le praticien ne doit pas faire état de certitudes, ni « garantir la réalisation certaine d'évènements ». En matière de travaux occultes,  il ne doit pas « promettre ou garantir un résultat ».  Et en cas de non respect de cette clause, en cas de promesse non tenue, « le consultant a droit au remboursement des sommes éventuellement versées à défaut de réalisation du résultat garanti ou promis ». Cette dernière phrase est intéressante, elle pourrait permettre de rembourser beaucoup de monde ! Mais posons-nous une autre question : que sont ces fameux travaux occultes ? Pourquoi apparaissent-ils ici ? Ils ne seraient pas inclus dans les arts divinatoires ? Eh non ! Les travaux occultes, ce n’est plus de l’art, c’est du tout pourri, comprenez : de la sorcellerie. Vous savez, les désenvoûtements, la magie noire… Le médium qui signe la charte « s’engage à n’effectuer aucun travail occulte »…sauf s’il établit un contrat écrit, signé des deux parties, mentionnant  la nature de la prestation et le prix. Oui, tout de même.
Le voyant ne vous influence pas…ayez confiance
Plus loin dans la charte, le chapitre «  Manœuvres frauduleuses » est très surprenante et mérite d’être retranscrit en entier : « Le praticien s'engage à respecter le libre-arbitre de ses consultants et s'interdit d'exercer une quelconque influence sur eux. Il s'interdit d'abuser de la naïveté ou de la crédulité de personnes en situation de faiblesse ou de fragilité, de profiter ou d'exploiter la faiblesse, la solitude ou tourmente affective des personnes seules, des personnes âgées, malades, handicapées... Il s'interdit de se livrer à des mises en scène ou à des manœuvres  susceptibles d'induire le client en erreur. » Chaque ligne de ce petit paragraphe pourrait se résumer en deux mots : mission impossible !
« Le praticien s’engage à respecter le libre-arbitre » : mission impossible. La pratique des arts divinatoires, quelles que soient les motivations bienveillantes de ses professionnels, enlève obligatoirement une part du libre-arbitre du client, et exerce une influence considérable sur lui, qui le montrera par son écoute attentive et/ou par le suivi des conseils éventuellement prodigués. L’influence est bien  le maître mot de l’entreprise divinatoire..
« Il s’interdit d’abuser de la naïveté » : mission impossible parce que trop tard ! La personne qui décide de consulter est forcément un peu naïve. La naïveté sera donc une “actrice de terrain” présente aux consultations, que le voyant ait ou non conscience de travailler sur cette faiblesse.
« Il s’interdit de se livrer à des mises en scène » : mission impossible. La mise en scène est au cœur des arts divinatoires. Mise en scène calculée, pensée, pesée. Enfin, le comble de l’éthique pour un médium, c’est de ne pas entreprendre de « manœuvres  susceptibles d’induire en erreur » ! On ne saura rien de plus sur ces « manœuvres  ».  Les mises en scène à l’aide de cartes, d’une boule de cristal, d’un pendule de radiesthésiste, de taches d’encre, ce ne sont pas des manœuvres  susceptibles d’induire en erreur ? Ils sont pourtant dûment répertoriés comme arts divinatoires sur le site de l’INAD…
Compétence mystérieuse et tarif libre
Enfin, la charte va se fermer sur la délicate question des tarifs : « Les honoraires des praticiens sont libres et dépendent de la compétence réelle et confirmée des intéressés. » Et on la connaît comment, cette compétence-réelle-et-confirmée des professionnels ?  Mystère… Les tarifs sont donc libres. Comment ça, vous protestez, vous les trouvez chers ? Ils vous paraissent chers, mais c’est parce qu’ils sont compétents !
 
Les contradictions
 
Défense du voyant et du consommateur : un antagonisme
Après avoir épluché cette charte, on commence à prendre conscience qu’elle est dirigée vers les professionnels, qui peuvent s’appuyer sur elle en tant que « label rouge », mais qui peuvent aussi refouler les plaintes des consommateurs dans la rubrique « questions diverses » du site, où deux plaintes de consommateurs sont repoussées de manière très méprisante.  À Iana,  qui demande conseil  sur une éventuelle plainte pour « abus de confiance », l’INAD lui rappelle que le voyant n’a aucune obligation de résultats, il n’y a donc pas abus de confiance. Puis il renvoie la personne à sa charte. Elle est bien utile cette charte !
À un autre consommateur qui dénonce les prédictions non réalisées d’un cabinet de voyance, un certain Dimitri, voyant,  répond, mais en son nom propre.  Lui aussi lui rappellera l’obligation de moyens et non pas de résultats. Il n’aura de cesse de culpabiliser  ce plaignant : « D'autre part, il faut arrêter aussi de se victimiser dès que l'on se rend compte que l'on a trop abusé en consultations car je pense que vous êtes aussi coupable et capable de vous donner des limites quand vous le voulez. Après tout, je suppose (toujours) que ce cabinet ne vous a pas mis le couteau sous la gorge pour les consulter ? »
La défense du consommateur passe par de curieux chemins à l’INAD : relisez la charte,  relisez-la encore et encore ! Vous verrez que vous êtes coupable !
Une petite obligation …sans certitude
Dans la rubrique Foire aux questions on peut lire une question cruciale : « Mais alors c’est quoi un bon voyant ? »
Réponse de l’INAD :
« Un bon voyant est celui qui vous révèle, sans vous poser de questions, l’objet de votre sollicitation. » Contrairement à ce qui était dit dans la charte : « Dans le domaine des arts divinatoires, cette obligation de moyens interdit au praticien de faire état de certitudes », on note qu’il a tout de même une petite certitude quelque part, le bon voyant ! Celle de savoir ce qui vous amène, rien que ça ! Nous ne sommes visiblement plus dans l’obligation de moyens mais bien dans une obligation de résultats. Mais gageons que tout voyant saura dire à son client qu’il vient parce qu’il a des problèmes… et le tour sera joué. 
Autre contradiction dans la même rubrique : le voyant peut vous demander votre prénom et votre âge comme supports de son investigation. Mais trois lignes plus loin, on lit qu’il ne peut pas vous demander ni votre signe zodiacal ni votre date de naissance. La date de naissance serait trop précise, trop personnelle ? Le voyant s’interdirait les renseignements privés ? Rien de tout cela ! Il s’interdit de divulguer des informations privées, pas de les recueillir. En fait, il faut comprendre que l’INAD n’aime pas beaucoup les astrologues. Un support digne pour un astrologue n’est donc pas digne d’un voyant. En effet, plus haut dans la charte on pouvait lire que si un médium ne pratiquait pas une consultation personnalisée (en  faisant « tourner » un logiciel par exemple – ce que font les astrologues), il devait y avoir contrat écrit ! La charte marque ses préférences.
Compétence réelle, supposée, confirmée : le sac de nœuds
Finissons les contradictions par la plus belle, celle des compétences. Nous avons déjà vu que dans la charte il est indiqué que les tarifs sont libres et qu’ils dépendent de la « compétence réelle et confirmée des intéressés ». Aucune marge n’est proposée dans la charte, laissant la voie libre aux abus, sachant par ailleurs que la compétence divinatoire ne peut se confirmer en rien, puisque sans évaluation possible. Mais dans la rubrique Foire aux questions que lisons-nous ?  Que l’INAD, finalement, conseille un tarif : en cabinet, autour de 70-80 €, et ce, quelles que soient les « compétences réelles ou supposées du praticien » ! Les mêmes tarifs sont aussi préconisés dans l’éditorial, mais sans précision de compétences.
Dans un cas, il est besoin de compétences réelles et confirmées, mais dans l’autre il n’est plus besoin qu’elles soient confirmées, il suffit qu’elles soient supposées ! Bien sûr la seconde formulation est la plus proche de la vérité. Une consultation de divination ne peut être, jusqu’à preuve du contraire, que cousue de suppositions, aussi bien sur le plan des prédictions que sur le plan des capacités de son praticien.  La charte contient donc la phrase qui encense le voyant  en lui attribuant une compétence confirmée, grâce à son adhésion (la carte professionnelle, souvenez-vous, est une carte de « compétence » !) mais qui ne sert pas le consommateur, lequel ne parviendra jamais à déceler le « confirmé » chez son médium.
 
La jolie vitrine de la voyance
 
La charte de déontologie de l’INAD atteint-elle la belle mission qu’elle affiche sur son site internet : la protection du consommateur d’arts divinatoires ? Difficile de l’affirmer ! N’a-t-elle pas aussi, par cette même démarche, et au moins en partie, redoré la profession de la voyance, par l’octroi de compétences labellisées ? Chaque titulaire d’une carte de professionnel et adhérent à l’INAD (les deux souscriptions sont liées sur un même formulaire) a une jolie bannière INAD  qui clignote sur son site internet. Bannière qui claque au vent devant vos yeux : la bonne voyance, c’est par ici ! On constate pourtant sur le site de l’INAD que le consommateur n’est pas défendu mais au contraire méprisé et renvoyé à sa sottise.  Où apparaît la médiation ? Vous aurez du mal à la trouver… Parce que la médiation se fait en catimini. L’INAD « intervient discrètement auprès du cabinet et/ou du professionnel responsable de l’abus » (rubrique Foire aux questions). Discrétion totale pour les abus de voyance, mais affichage public sur le site pour les consommateurs plaignants - vite accusés - (rubrique Questions diverses). Comment comprendre la défense des clients et la moralisation de la profession dans ces conditions ?
Malheureusement il n’y a pas d’éthique possible dans la profession des arts divinatoires. S’en réclamer revient seulement à exercer un monopole de moralité et surtout à  donner du crédit à une pratique paranormale lucrative.
 
 
 
Par Agnès Lenoire - Publié dans : Paranormal
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander

Présentation

Prendre le temps

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés