2009, année Darwin

« Il ne semble pas qu’il y ait une plus grande finalité dans la variabilité des êtres organisés et dans l’action de la sélection naturelle que dans la direction d’où souffle le vent. »
Extrait de L'autobiographie, Charles Darwin, page 83.

 

Samedi 10 février 2007 6 10 /02 /2007 16:08
À l’initiative de Pierre-Yves Fagniez, rapporteur du projet de loi sur la bioéthique, et de Valérie Pécresse, présidente du groupe d’études sur les applications des biotechnologies en génétique et problèmes éthiques, des rencontres parlementaires ont lieu afin de préparer la nouvelle loi de 2009. Le Monde du 9 février rend compte des travaux de la dernière réunion du 7 février. Au cours de cette rencontre, des médecins ont demandé un assouplissement de la loi de 2004 encadrant le clonage thérapeutique et la recherche sur les embryons. Toujours d’après Le Monde, il semblerait que le ministre de la santé Xavier Bertrand devienne plus favorable à un abandon de l’interdiction au profit d’une activité de recherche encadrée par l’Agence de biomédecine. Par ailleurs, pour la première fois, a été lancé un sondage (réalisé par l’institut InfraForces entre décembre 2006 et janvier 2007) auprès d’un échantillonnage de 1086 français. Ils ont été interrogés sur leur opinion quant aux différents secteurs de recherche en bioéthique.
 
On remarque que quelques chiffres expriment bien les réticences des français sur certains points : 55 % des personnes interrogées pensent qu’il faut réserver les techniques de procréation médicalement assistée uniquement aux couples hétérosexuels ; 38 % accorderaient aux femmes seules désirant un enfant le droit à cette procréation assistée. Mais ces pourcentages faibles laissent soudain la place à d’autres plus impressionnants, dès qu’il s’agit de questions sur les embryons et de l’utilisation des cellules souches. En effet, 80 % des français interrogés estiment que ces recherches sont « un espoir pour le futur et un progrès pour les malades et leurs familles ». 95 % pensent que le diagnostic prénatal est une bonne chose, et 89 % estiment qu’en cas de maladie génétique dépistée, c’est au couple de prendre la décision ; mieux encore, et je cite l’extrait du Monde : « 75 % des Français rejette le fait que la loi ou un comité d’éthique puissent intervenir dans une telle décision ». Enfin, 80 % des sondés ne veulent pas d’intervention religieuse dans ces débats
 
Ces hauts pourcentages sont clairement un plébiscite en faveur des recherches, une marque de confiance envers la science, et un désir d’évolution détaché de toute entrave. Et pourtant, lisez un peu ce que conclut l’Agence de la biomédecine au vu des résultats de ce sondage : « Les éléments recueillis font apparaître une opinion dont les convictions ne sont pas stabilisées […] et qu’une position sociétale n’a pas encore de sens. L’opinion sur ces sujets est en construction. » 80, 95, 89, 75, 80 % d’opinions en faveur du progrès, ce ne serait que roupie de sansonnet ?  Les français ont montré par ces pourcentages éloquents qu’ils étaient du côté de l’évolution des recherches scientifiques, et ils revendiquent la liberté individuelle (pas d’intervention religieuse, ni de comité d’éthique). Ce ne serait que des opinions qui n’ont pas de sens ? Ces chiffres sont des chiffres-massue et ne les prendre que comme « une conviction  non stabilisée » ou une « position sociétale dénuée de sens » est une attitude de mépris à l’égard des français interrogés. L’Agence aurait-elle été un tantinet vexée que l’opinion publique clame ainsi haut et fort qu’un comité d’éthique n’a rien à faire dans les décisions individuelles d’un couple ?
 
L’Agence de biomédecine n’a plus qu’à essayer de suivre : les français ont pris une longueur d’avance !
 
Source : Le Monde du 7 et du 9 février 2007
 
Par Agnès Lenoire - Publié dans : Sciences
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Vendredi 9 février 2007 5 09 /02 /2007 15:26

Canada, province d’Estrie : il y a là-bas une propriété de 275 hectares à vendre pour 2,95 millions de dollars. Il s’agit de la propriété de Raël, appelée Jardins du prophète, qui comprend trois lacs, différents bâtiments et un amphithéätre. C’est là que Raël avait  fait construire,  et inaugurer en grande pompe, en 1995, son centre d’interprétations des ovnis plus connu sous le nom de Ufoland, lequel avait fermé ses portes en 2003. Essoufflement de l’intérêt des visiteurs ?   Raël ne dira rien de ses raisons, tout comme il n’a pas dit pourquoi il vendait sa propriété.

 

Source :

http://lcn.canoe.com/lcn/infos/regional/archives/2007/02/20070208-184715.html

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Paranormal
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Vendredi 9 février 2007 5 09 /02 /2007 15:16
Polémique en Suisse, tout comme au Canada : la secte de Raël  a décidé de ressortir son ancien emblème, une figure qui mélange une étoile juive et une croix gammée, ôtée il y a quinze ans de tous les supports publicitaires de la secte au profit d’une spirale évoquant une galaxie, plus neutre. Raël affirmait que les extraterrestres, les Elohims, créateurs de l’espèce humaine, portaient ce motif sur eux. La croix gammée mâtinée d’étoile juive va donc réapparaître sur les affiches, tracts, et sites internet de la secte. Selon Raël, ce symbole est vieux de 5000 ans et il signifie « il fait bon être » en langue sanskrite. Il doit donc être considéré comme un signe de paix. Le gourou explique par ailleurs sa suppression par le fait que cette croix gammée « n'a pas permis d'éduquer les populations et de leur faire découvrir que ce symbole est celui des scientifiques qui nous ont créés ».  Les associations antiracistes, et en particulier la Coordination intercommunautaire contre le racisme et l’antisémitisme (CICAD), s’indignent et se  mobilisent contre  cette provocation. L’usage de symboles nazis n’est pas interdit en Suisse mais le Conseil fédéral s’apprête à modifier le Code pénal afin de prévoir des pénalités contre les symboles à caractère raciste. Si la Suisse se dote d’une telle législation, Raël devra se rabattre sur une galaxie plus consensuelle.
 

Source :

http://www.lematin.ch/

Article de Frédéric Julliard du 26 janvier 2007

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Paranormal
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Mercredi 7 février 2007 3 07 /02 /2007 11:59

 

Dans Courrier International du 25 janvier 2007, rubrique « Insolites », on pouvait lire que « les experts du centre d’études sismiques de Nanning, dans la province de Guangxi, contrôlent un élevage de reptiles 24h/24h via internet. Les serpents peuvent sentir les tremblements de terre à 120 km de distance, jusqu’à 5 jours à l’avance. »

À l’occasion du dramatique tsunami de décembre 2004, cette capacité avait déjà été attribuée à beaucoup d'animaux, toutes espèces confondues, depuis celle des chiens jusqu’à celle des serpents donc, avec un petit détour par les éléphants et les flamands. Lire, pour s’en convaincre, l’étonnant article  sur le site de l’Institut Métapsychqiue International[1], qui ne doute pas une seconde des capacités sensorielles des animaux.  Pourtant on pouvait y lire aussi que l’United States Geological Survey estime que  ces corrélations n’ont pas fait leurs preuves et que l’on peut ramener les témoignages à un produit de la mémoire sélective et des superstitions. Affirmation aussitôt contredite par les auteurs de l’article (équipe de l’IMI), citations et livres de scientifiques à l’appui. 

Alors, qu’ont vu les experts du centre d’études sismiques de Nanning ? Il sont vu des serpents qui avaient un comportement qu’ils estiment bizarre. L’était-il vraiment, bizarre ? Les serpents étaient dans leur nid en hiver et ils en sont sortis ? Et alors ? On sait désormais que les animaux qui hibernent ne restent pas immobiles pendant tout l’hiver.

Ils se jetaient contre les murs ? Quitte à extrapoler, pourquoi ne pas imaginer que des serpents réveillés pendant leur sommeil d’hibernation aient mal supporté de se trouver enfermés et aient des réactions de panique ? Et s’ils voulaient simplement sortir ?

Et si d’autres causes à ce comportement  étaient à l’œuvre… d’autres causes non évoquées, non étudiées, restées dans l’ombre, parce que les experts attendaient  celle du ressenti pré-sismique, objet de leur étude. C’est le biais de confirmation que les sociologues et les zététiciens connaissent bien.

Mes suppositions ne sont qu’hypothèses et elles n’ont pas de démonstration scientifique. Mais elles ont le mérite de s’appuyer sur le bon sens, et non sur une sempiternelle « union avec la Nature »,  ou une sérénissime « harmonie avec la Nature »,  à laquelle l’homme aurait malencontreusement oublié d’adhérer.


[1] http://www.metapsychique.org/Pressentir-le-tsunami.html 
Par Agnès Lenoire - Publié dans : Paranormal
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Mercredi 7 février 2007 3 07 /02 /2007 10:45

Gérald Bronner et Guillaume Erner

Éditions En clair MANGO, 2006, 159 pages, 9 euros.

 

 "Le principe de précaution fait partie de ces idéologies contemporaines dont les risque sont largement ignorés par la majorité d'entre nous." Extrait page 97

 

Nos vies sont parcourues de petites manies irrationnelles et de rituels. Nous lisons notre horoscope en affirmant ne pas y croire.  Sommes-nous sincères ? Oui ! Les observations d’ovnis se multiplient dès qu’un témoignage est recensé. Est-ce contagieux ? Est-ce de la folie collective ? Non ! Le principe de précaution ancré dans la constitution est-il indispensable ? Non, le mécanisme du pessimisme n’étant pas plus rationnel que  celui de l’optimisme,  il peut être un frein au progrès. Il peut s’illustrer d’une formule de Julie Lespinasse (XVIII °) : « Je crois tout ce que je crains ».  Alors pourquoi adopter des comportements que nous savons inutiles ? Parce qu’ils ne nous coûtent rien. Après avoir fait tout ce qu’il fallait pour réussir, le sportif, au moment d’entrer en compétition, ou l’artiste, au moment d’entrer en scène, peut avoir un geste superstitieux, sans être idiot pour autant. Car c’est bien là que veulent en venir les auteurs : nous rassurer sur notre intelligence en montrant que notre irrationalité n’est pas synonyme de bêtise. Elle a sa logique propre. Elle intervient en période d’incertitude. C’est ainsi que les ados sont plus superstitieux que leurs aînés, sans doute à cause du flou de leur avenir. Les femmes au foyer sont aussi plus superstitieuses que les femmes qui travaillent à l’extérieur, parce qu’elles se sentent moins autonomes, donc plus vulnérables. En fin d’ouvrage, les auteurs vous proposent une « pierre de rosette » pour mieux cerner « les raisons de nos déraisons », à l’aide de quelques clés psychologiques puisées dans la cognition humaine, notre système de représentations, nos limites temporelles et spatiales.

C’est  clairement expliqué, le ton est léger, et c’est rassurant pour notre mental. Continuons à toucher du bois et à jouer au loto les vendredis 13 !

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Notes de lecture
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