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2009, année Darwin

« Il ne semble pas qu’il y ait une plus grande finalité dans la variabilité des êtres organisés et dans l’action de la sélection naturelle que dans la direction d’où souffle le vent. »
Extrait de L'autobiographie, Charles Darwin, page 83.

 

Samedi 11 juillet 2009

Editions Seuil

Collection Science ouverte, 2008.

 

« J’avais donc enfin trouvé une théorie sur laquelle travailler ; mais je craignais tant les éventuelles incompréhensions que je me décidai à n’en pas écrire la moindre esquisse. » Extrait, page 113.

 

Sur la fin de sa vie Charles Darwin reçut une demande d’un éditeur allemand qui désirait faire paraître une esquisse de sa vie scientifique. Darwin s’y soumit volontiers, éprouvant le besoin de rédiger de courtes mémoires à l’intention de ses enfants, comme il aurait aimé que son grand-père le fasse pour lui.

 

Ecrit entre mai et août 1876, ce document ne cessa d’être modifié durant les six années suivantes, c’est-à-dire jusqu’en 1882, année de sa mort. Il a aussi subi des ajouts, substantiels et plus ou moins pertinents de la part de son épouse Emma, après sa mort. La traduction française publiée dans le présent ouvrage par les éditions du Seuil est la première qui soit intégrale, c’est-à-dire qu’on y trouve les modifications apportées par Darwin au fil des années,  signalées par un filet dans la marge, mais aussi les ajouts d’Emma, parfois bien âpres et visant des personnalités entourant son époux, ajouts signalés, eux, par une police plus claire.

 

Cette autobiographie concerne essentiellement la chronologie de ses travaux scientifiques, ses différentes publications datées, ses rencontres avec les hommes de science de l’époque, l’hommage à ceux qui furent ses mentors, les différentes étapes de l’évolution de ses idées,. Sa vie privée ne fait l’objet que d’allusions, hormis sa jeunesse et un portrait de son père qu’il a ajouté par la suite. On y découvre un très jeune Darwin embarquant sur le Beagle comme naturaliste, féru de collections et grand chasseur. Au fil des pages, Darwin décrit très finement comment la passion des sciences naturelles l’a absorbé tout entier, l’amenant du plaisir simple des collections à la compilation minutieuse et fébrile de faits, puis à l’élaboration d’une grande théorie explicative. Le lecteur vit avec lui son passage à la maturité scientifique. Dans cette partie réservée à son évolution intellectuelle, Darwin déplore aussi que cette ardeur croissante pour les sciences naturelles lui ait fait perdre le goût des arts, au fil du temps et sans qu’il ne s’en aperçoive vraiment. Il suppose alors qu’une partie de son cerveau, celle dédiée à l’esthétique, ayant peu servi, s’est desséchée.

 

Cet ouvrage jette un éclairage sur  les rapports du Darwin scientifique avec la société très victorienne de l’époque, sur sa désaffection de la croyance religieuse, sur ses réticences à publier des idées révolutionnaires qui pourraient  faire scandale (Darwin admet à plusieurs reprises sa répulsion à la polémique). Tout cela explique  la première phrase en exergue de ce billet.

Un ouvrage de référence, utile à la connaissance de Darwin mais aussi du climat qui a entouré la naissance de la théorie darwinienne de l’évolution.

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Notes de lecture - Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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Samedi 4 juillet 2009

Je viens de terminer la lecture de L’autobiographie par Charles Darwin (écrite en 1876), publiée en 2008 au Seuil, et qui constitue la première édition française intégrale. Je vous en parlerai plus précisément dans un autre billet.

Dans ce billet-ci, je voudrais attirer l’attention sur la façon dont Darwin a traité une légende urbaine de son époque, qui, en l’occurrence, était plutôt campagnarde ! Cet épisode est raconté dans le chapitre intitulé « Une évaluation de mes capacités intellectuelles », page 128.

Darwin reçut un jour une lettre d’un botaniste amateur, lettre qui lui annonçait que cette année-là, les graines du haricot se formeraient « du mauvais côté de la cosse ».
Darwin lui demanda par retour du courrier ce qu’il entendait par « du mauvais côté de la cosse ». Il resta longtemps sans réponse et, entre-temps, lut la même annonce dans les journaux du Kent et du Yorkshire. Les graines de haricot semblaient bien prendre le large hors de leur cosse… De plus en plus intrigué, il écrivit alors à son vieux jardinier, lequel lui répondit que c’était impossible, puisque les graines de haricot ne poussent à l’extérieur que les années bissextiles, et cette année n’était pas bissextile ! Mais il ne put lui expliquer comment étaient les haricots les années non bissextiles...

Finalement Darwin reçut une réponse de son botaniste amateur, qui avait pris le temps d’interroger des agriculteurs. Aucun n’avait jamais vu ce phénomène étrange. C’était une légende urbaine.

La conclusion revient à Darwin : « On voit comment une opinion – si tant est qu’on puisse ainsi nommer une assertion sans fondement – s’est répandue, sans l’ombre d’une preuve, à travers presque toute l’Angleterre. »

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Sciences - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Samedi 27 juin 2009

Suite à mon billet du 9 juin, qui lui-même répondait à un commentaire de monsieur Bret-Morel, ce dernier a de nouveau réagi dans les commentaires. Puis il m'a écrit par le formulaire de contact  et je lui ai répondu par reply.

Mais bizarrement il veut maintenant que tout cela soit sur le blog, croyant sans doute me mettre mal à l'aise.
Mais que nenni, je n'ai que des idées claires comme de l'eau de roche et à sa demande, voici des copiés-collés on ne peut plus conformes et publiques depuis le dernier échange sur mon blog..  Avec mes excuses les plus plates pour ennuyer autant mes lecteurs  !
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Déformation de propos

Bret-Morel
Madame, je viens de découvrir le post me concernant, et je me suis exprimé en commentaire. Il se trouve que, bien involontairement j'en suis sûr, vous me faites dire le contraire de ce que je pense, mais que tout cela est propagé par paperblog, etc. Je vous prie donc de bien vouloir relire les lignes que j'ai écrites et corriger ou même enlever les lignes me concernant. C'est un peu comme si sur mon propre site j'écrivais que vous croyez à l'astrologie puisque vous publiez des horoscopes... Je pense que vous n'apprécieriez pas vraiment et que vous tireriez vite des conclusions sur la pertinence de mon jugement... Merci donc de faire ce qu'il faut pour corriger votre erreur. SBM

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Ma réponse le même jour :

Bonjour,

Vous pouvez écrire que je crois à l'astrologie, c'est votre droit si c'est ce que vous pensez ! L'avantage, c'est que dans mon cas, personne ne vous croira !

Quant à moi, je garde mon interprétation, exacte ou erronée, de vos écrits. Libre à vous d'écrire de façon plus claire et de ne pas conduire les lecteurs sur des terrains multiples, mouvants  et contradictoires !

A bon entendeur.

Agnès

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Réponse de monsieur Bret-Morel le 27 juin

 

Bonjour à vous, je suis profondément choqué de voir que vous ne réagissez pas mieux que les astrologues qui refusent le débat...


Je ne pensais pas que la véracité de vos dires était aussi peu importante à vos yeux... et que seule comptait la vindicte anti-astrologique. Je crois que vous devriez le préciser qq part sur votre blog afin de cesser de tromper vos lecteurs sur votre bonne foi et l'assurance de ce que vous écrivez.


J'avoue que je me suis fait avoir, il faudra que je vous lise différemment à partir d'aujourd'hui. Comment, après cela, ne pas crier à l'injustice ?


Aurez-vous le courage de publier les qq lignes que vous venez de m'envoyer en réponse, par exemple, à mon commentaire, ou bien dois-je le faire moi-même ???

 

Je comprends par contre que mon discours soit difficile d'accès, mais qu'y puis-je ? Les sceptiques militants ont-ils le droit de s'affranchir d'un peu de connaissance sur l'Histoire des sciences ? Voire sur le sujet qu'ils critiquent ? Ou doit-on en rester aux discussions de comptoir dès qu'ils sont remis en cause ???


Le fondement de la critique est-il seulement affectif ? Ce serait un comble !

Si encore je publiais des prédictions, ou même si je faisais de la consultation astrologique, je pourrais presque trouver qq motivation éthique à vos affects, mais ce n'est même pas le cas.... Quelle tristesse, le drapeau de la Raison est aujourd'hui en berne... le sceptique range les autres dans des boites tout comme ceux qu'ils dénonce.


Au fait, vous parlez de contradiction, mais êtes-vous bien sûr qu'il y en ait ??? Comme tout bon obscurantiste, vous rejetez sans argumenter... Cela me fait penser un peu à un élève qui parlerait de contradiction évidente à propos de l'héliocentrisme.....



J'espère que nous n'en resterons pas là. SBM

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Je crois que l’on va en rester là au contraire, car l’obscurantiste de service est fatiguée.  

Agnès 

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Par Agnès Lenoire - Publié dans : Astrologie - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Mercredi 24 juin 2009

 

Le chaînon manquant, vous l’avez déjà vu, j’en suis certaine. Il traîne ses vieux os dans maints articles de journaux qui se piquent de science paléontologique. Il émaille les conversations sur les dernières nouvelles de nos ancêtres : qui a bien pu avoir le privilège de combler le trou dans notre belle évolution humaine linéaire ?

 

Ce terme désuet et poussiéreux apparaît aussi dans un site on ne peut plus sérieux : charlatans.info, le site de François Grandemange. Ce dernier tente de démystifier l’idée de chaînon manquant mais  son argumentation est erronée. François Grandemange présente en effet l’évolution comme « la course d’un cheval » suivie comme un film par les scientifiques. De la chaîne où il manque un maillon, à la course en ligne droite du cheval, je ne vois pas de différence. On est toujours dans un système linéaire, qui n’autorise pas le foisonnement constaté dans la nature.

 

Aristote avait imposé la « scala natura », l’échelle de la nature où l’homme grimpait les barreaux inexorablement, sans quitter des yeux le dernier échelon, probablement ! À l’école, moi j’ai appris la pyramide, où je pouvais me voir au sommet, moi et mes congénères. Quelle satisfaction. Plus dominateur que moi là-haut, tu meurs ! Puis l’échelle et la pyramide ont laissé la place à la chaîne. Plus de sommet, mais une ligne qui va quelque part… forcément.  Et maintenant, voici la course du cheval de F. Grandemange.  On ne sort donc jamais de cette idée fausse de linéarité, alors que l’évolution part dans tous les sens, sans direction déterminée, et forme, non un arbre, mais un buisson très dense.

 

Charalatans présente aussi comme argument que tout fossile est pris « dans le temps, comme un instantané ». Mais ceci ne réfute pas la notion de chaînon manquant. Un élément fossile pourrait très bien être un élément instantané, pris dans le temps, et… manquant ! En fait si François Grandemange nie l’idée de chaînon manquant, c’est juste parce qu’il nous manque la totalité des fossiles qui pourraient reconstituer la chaîne

« Étant donné que la fossilisation est relativement rare, l’enregistrement est incomplet, et les scientifiques n’ont pas de film ni de vidéo continus documentant chaque pas jusqu’à la fin. »

Si je comprends cette bien cette phrase, il suffirait d’avoir accès à la totalité des fossiles pour que la chaîne ne soit plus un mythe.

 

En fait,  si François Grandemange a raison de réfuter cette idée, il le fait maladroitement. Non, les scientifiques ne suivent pas l’évolution comme un film qui se déroule sur un écran, pour la bonne raison que l’évolution n’est ni plate ni rectiligne, et qu’on ne peut dérouler ses événements sans partir dans tous les sens. L’évolution en tant que buissonnement fait d’embranchements, de séparations, de spéciations, voilà l’image qui s’oppose totalement à la chaîne, qui constitue la réalité. À partir du moment où l’évolution est ainsi admise, il n’est plus possible de trouver un trou dans une chaîne qui n’existe pas.

 

Alors que cherchent  les paléoanthropologues avec tant de fébrilité ? L’ancêtre commun. À l’embranchement où vont se séparer deux espèces, il doit y avoir un ancêtre qui, tout en étant différent de ceux des deux futures branches, possède une ou des caractéristiques qu’il aura transmise(s) à ses descendants, même séparés. C’est ce qui a tant excité les chercheurs dans la découverte d’Ida. Il s’agit en effet d’un ancêtre commun à l’embranchement de la lignée menant aux singes (et à nous après d’autres embranchements) et de la lignée des lémuriens. Selon la définition de l’AC, quelle serait alors cette caractéristique commune que nous aurait léguée Ida, et qui mériterait de penser qu’elle est un AC ? Son pouce opposable ! Un pou ce opposable qui a traversé 47 millions d’années pour venir jusqu’à nous, après maints changements de direction, lignées, espèces, familles. Ida a roulé sa bosse. Mais comment savoir si c’est vraiment elle ? Il faudrait pour cela maîtriser la notion d’embranchement. Sommes-nous à l’embranchement exact avec Ida, où nous en rapprochons-nous seulement un peu plus ? Mystère.  Chaque réponse apporte son lot de questions… ce que ne permettrait pas la métaphore d’une chaîne.

 

Dernier point sur lequel je suis en désaccord avec François Grandemange. Il affirme que l’expression « chaînon manquant » est un langage employé par les spécialistes et les paléontologues eux-mêmes. Je m’insurge ! Lisez Yves Coppens, Pascal Picq, Stephen Jay Gould, Richard Lewontin, Jean-Jacques Hublin,  l’ancêtre commun vous y attend. 

 

Que tout cela ne vous empêche pas de fréquenter assidûment le site de charlatans.info. C’est un excellent site sceptique et critique.

 

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Sciences - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Mardi 16 juin 2009

Le langage des journalistes peut décidément être très libre ou/et très abscons. J’en veux pour preuve cet article sur le site slate.fr, site d’informations et d’analyses, partenaire de slate.com, dont on retrouve certains articles traduits en français. Slate.fr a été fondé par Jacques Attali et Jean-Marie Colombani (directeur de publication du Monde de 1994 à 2007).

 

Sur ce site, je vois ce matin un article signé par Jean-Yves Nau, journaliste au Monde (encore !), article intitulé « La France va créer un télescope de la pandémie ». Bigre ! Qu’est-ce que cet engin vient faire en médecine ? La pandémie n’a tout de même pas déjà essaimé dans l’espace ? Trêve de plaisanterie, l’illustration choisie pour l’article  me plonge dans la perplexité et ajoute à la confusion : il s’agit d’une image de l’univers profond prise par le télescope Hubble.  Titre et illustration se situent en haut de l’article, mais en lisant on s’aperçoit bien vite qu’il s’agit d’un projet français d’« Observatoire » de la pandémie, comme il en existe pour la lecture, les inégalités ou l’habitat. Un organisme qui compile des données et en fait des synthèses. Un outil d’observation sociale, en quelque sorte. Le Robert Plus de 2007 donne comme définition de « Observatoire » : « Établissement destiné aux observations (astronomiques…) », les points de suspension montrant que la liste n’est pas exhaustive.

 

Le mot « télescope » a donc été mis pour « observatoire ». Pourquoi ? Fantaisie du journaliste ? Jean-Yves Nau écrit bien, et cette bévue ne ressemble pas à ce qu’il écrit par ailleurs. Je pense que, tout auteur qu’il soit, il n’a pas la maîtrise du titre, qui peut revenir à la rédaction. La seule allusion de J.-Y. Nau au télescope est en fin d’article : « [ce projet] resterait encore très largement en-dessous des investissements que les seuls Européens ont jugé nécessaires de réaliser pour explorer les étoiles et l’invisible de l’univers. ». Bizarre, ce mot, « télescope », aurait donc été mis là parce que les télescopes européens coûteraient  plus cher que ce projet d'observatoire français de la pandémie ! Les cheminements des journalistes sont parfois vraiment tortueux !

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Culture - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Profil

  • : Agnès Lenoire
  • doutagogo
  • : sciences éducation paranormal
  • : Institutrice et directrice d'école, observatrice du ciel, membre de l'Association Française pour l'information Scientifique, membre du comité de rédaction de sa revue Science et pseudo-sciences de 2001 à 2007, rédactrice en chef en 2003.

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